Dialectique Métaphysique

09 décembre 2017

Le bouddhisme est-il obsolète?

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Le bouddhisme est-il obsolète? 

Beaucoup de choses fausses sont colportés au sujet du bouddhisme que l’on targue avec un regard, mi amusé mi dédaigneux, de philosophie dépassée. Le bouddhisme est avant et par dessus tout une science de l’esprit, malgré qu’il ait été récupéré et catalogué de religion ou autres dénominations, plus ou moins fantaisistes. 

La question qui se pose est: le bouddhisme, qui est vieux de 2500 ans, peut-il nous être utile, à nous gens du XXI em siècle, dans nos sociétés occidentales ou est-il complètement has-been? Bien sûr que si, qu’il peut se révéler une aide précieuse, à condition toutefois de bien comprendre ce qu’il est.

Comme méthode d’investigation de notre psyché, il peut nous apporter des réponses quant à notre relation aux autres et à nous-même. La connaissance de nos états intérieurs ouvre à la compréhension de nos réactions face aux différents stimuli de la vie. Nous allons comprendre pourquoi nous réagissons de telle ou telle façon face à un stimulus et par voie de conséquence, nous aurons la possibilité de corriger éventuellement une réaction inappropriée. 

Une sorte de psycho-thérapie en quelque sorte, mais où le psycho-thérapeute serait nous-même. Par un long travail d’introspection, soutenu par l’aide qu’apporte les enseignements du bouddhisme, expliquant quels préceptes suivre pour accéder à la compréhension et surtout permettant de tutoyer notre véritable nature, ce que nous sommes réellement, nous prenons conscience de la possibilité d’éradiquer la souffrance.

Et ceci est parfaitement compatible avec une vie moderne. Il n’est pas question de vivre en décalage ou de se retirer du monde, bien que certains le fassent, mais de vivre en plénitude, immiscé dans la société, mais libéré de ses dictats aliénants, en concentrant nos efforts sur le perfectionnement de notre chemin de vie.

Texte d'Hitori

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02 novembre 2017

La Trame du monde

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La Trame du monde

Il ne peut y avoir de sensations que subjectives, forcément, chacun étant le réceptacle de ses propres sensations. la Réalité est Ma réalité et ne peut être qu’elle. Le sujet étant imperméable aux sensations des autres, fut-il doué de la plus grande empathie, il ne pourra jamais éprouver ce que l’autre ressent, il ne pourra tout au plus que simplement l’imaginer.

Pour Ernst Mach (1838-1916), les corps, les objets…la matière ne sont rien en dehors de leur « connexion » aux sons, aux couleurs et aux perception visuelles, car les « objets » n’ont pas d’identité propre, ni d’unité fondamentale. C’est l’acte de synthèse pratiquée par le sujet qui va leur donner une unité apparente. Et cette unité apparente va être « découpée » selon les besoins du sujet.

A première vue cette approche du réel ressemble à du solipsisme, mais n’en est pas, ou du moins se démarque d’un idéaliste au sens berkeleyen du terme, car si le sujet pensant est primordial pour Mach, il n’hésite pas à le « déconstruire » de la même façon qu’il déconstruit les « objets » responsables des sensations.

Ce qui l’amène, in fine, à l’élimination de la subjectivité et par voie de conséquence à l’élimination du sujet. C’est ce qu’on appelle en philosophie le « monisme neutre ». Pour le monisme neutre, la réalité n’est ni physique ni psychique, mais peut se trouver alternativement sous ces deux déterminations. Dans cette optique le Moi n’est en aucun cas séparé de la réalité, mais y est totalement intégré. Il n’y a plus de sujet ni d’objet.

Ce qui a fait dire à Mach, lors qu’une prise de conscience:

« Par un beau jour d’été en plein air, le monde m’est soudain apparu comme formant, avec mon propre Moi, une seule masse complexe de sensations, à la seule différence que cette complexité était plus grande dans le Moi. »

On s’aperçoit que dans ces états de prise de conscience  le Moi est élargi au point d’inclure le monde entier.

Dans la pensée de Mach il n’y pas de différence entre le sujet et les objets. Si le réel consiste en éléments, tous ces éléments sont de même nature. Ce qui fait qu’il n’y a pas de différence sensible entre le Moi et le reste du monde. Le Moi, n’est pas une entité séparée du monde, il y est intégré.

Nous avons vu que le réel que nous décomposons en objets, n’a pas de réalité propre hors de notre perception, donc les objets n’ont pas d’existence à proprement parlé. Et comme nous avons vu que le Moi est partie intégrante du réel, puisqu’il n’y a pas de « choses », il n’y a pas plus de « choses pensantes ». Nous appliquons la même conclusion déductive à l’encontre des objets que du sujet, ce qui fait que l’identité du Moi est purement fictive. Un Moi isolé n’existe pas, comme un objet isolé n’existe pas. Ce ne sont, tous deux, que projections fictives.

Par conséquent puisque le Moi n’a pas de composante déterminée, il devient impossible d’établir une démarcation entre lui et ce qui n’est pas lui, à savoir le monde. Si le sujet se rapporte à un ensemble de représentations et si le monde n’est lui aussi que représentations, les deux se confondent, ce qui fait que le sujet n’a pas d’identité spécifique. 

Pour le monisme neutre les phénomènes mentaux et les phénomènes physiques sont tous deux des substances neutres et en aucun cas primitives. Ce sont deux formes d'organisation différentes d'une même et unique expérimentation de l’expérience vécue.

Russel l’explique ainsi:

"La théorie peut être illustrée par comparaison avec un annuaire des postes, dans lequel les mêmes noms apparaissent deux fois, une fois dans l'ordre alphabétique et une autre fois dans l'ordre géographique; on peut comparer l'ordre alphabétique au mental et l'ordre géographique au physique. Les affinités d'une chose donnée sont tout à fait différentes dans les deux ordres, ses causes et ses effets obéissent à des lois différentes »

C’est par une expérience homogène, à la fois psychique et physique, que le sujet et l’objet se confondent. Ce qui invalide le dualisme ontologique qui distingue entre la chose vue et la chose pensante, et les voit comme deux réalités indépendantes.

Pour le monisme neutre il n’existe qu’une seule étoffe primordiale; (one primal stuff) ou trame du monde, qui est constitutive de la réalité globale. Réalité qui apparait lors de l’expérience pure et qui fait que tout « effeuillage » de cette réalité serait faux et de toute façon trompeur.

Bien entendu, dans cette approche il n’y a pas de sujet et partant de là pas plus de subjectivité, puisque le sujet et le monde se confonde dans la trame universelle. Que l’on fasse l’expérience ( illusoire, puisque il n'y a pas de réelle dichotomie entre le monde et nous) d’un Moi qui va s’étendre à l’infini et finir par englober le monde ou d’un Moi qui va rapetissé et se dissoudre dans le monde, le résultat sera identique….ne restera que le monde…ne restera que nous, puisque nous sommes le monde....mais croyons en être distinct, en être séparé.

En fait, quand on dit « je » ressens, il serait plus juste de dire « ça » ressent. Ce qui voudrait dire que c’est la trame du monde qui ressent et pas une entité qui en est séparée.

Alors bien sûr que « nous » ressentons puisque nous sommes le monde. Nous n’en sommes pas détachés, nous sommes lui. Mais pas lui fractionné, non, lui dans sa globalité. Ces ressentis  sont ce que J.C Smart et H. Feigl, , appellent  des « restes nomologiques », qui sont les propriétés de la conscience. Ce sont les qualia de notre vie mentale.

Mais ces ressentis ne sont que des épiphénomènes par rapport à la trame du monde, en ce sens qu’ils n’ont pas d’effets probants sur le monde physique. Il existe bien un espace mental, un espace de propriétés mentales, mais celles-ci ne peuvent exercer aucun rôle de "causalité" par rapport à un effet physique. Par exemple si je me donne un coup de marteau sur le doigt, je vais ressentir une douleur, mais cette douleur ne va pas s’inscrire  pas dans une chaîne causale, c’est pourquoi il est dit qu’elle est  épiphénoménale.N’empêche que si je me donne un coup de marteau sur le doigt, j’aurais mal ! 

Nous avons vu que pour le monisme neutre, du fait que le sujet se confonde avec le monde, ses états mentaux ne rentrent pas dans la chaîne causale et forcément cela évacue la notion de subjectivité. Ce qui au passage accrédite l’inexistence d’un libre arbitre. Effectivement, si la causalité est purement physique et hors champ de nos  état mentaux, nous vivons dans l’illusion du contrôle de notre vie, sans aucun pouvoir causal sur le monde et sur nous. Ce serait un processus physique neuronal sous jacent qui initierait nos actions.

Mais voyons l’antithèse;  En tant qu’agent, du moins en tant qu’agent « projeté », nous nous définissons comme des entités capables de produire des actions liés à des besoins, des désirs et des croyances. C’est d’ailleurs la croyance en une causalité mentale qui nous permet de prévoir nos propres réactions et celles des autres. Ce faisant nous nous inscrivons bien dans une chaîne causale physique. Par exemple, c’est parce que j’ai le "désir" de voir mon frère et que je "crois"  que cela lui fera plaisir que je vais prendre ma voiture pour me rendre chez lui à 800 Km de chez moi. Cette action aura des répercutions à plusieurs niveaux physiques; ceux liés à mon voyage - consommation de carburant, pollution, rencontres en route, etc…- et ceux liés à la rencontre avec mon frère, qui va modifier son comportement, du fait de ma visite. Mon voyage va avoir un impact indéniable sur le monde en rentrant dans la chaîne de causalité. Par conséquent mon désir, celui de voir mon frère, bien qu’étant un état mental, s’inscrit bien dans la chaine de causalité physique, nonobstant par ailleurs le fait que mon "désir" soit librement choisi par moi ou me soit "imposé" par un processus sous jacent à l’oeuvre..... Mais voilà que….. la subjectivité refait surface.

Texte d'Hitori

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02 octobre 2017

La mort

 

 

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La mort.

 Nombreux sont ceux qui pensent que la mort est un sommeil éternel.

Or, le sommeil est toujours le sommeil d'un être vivant, fusse une mouche. Quand on meurt, il n'y a plus comme vivants que les cellules qui nous composent et qui meurent à leur tour, donc il n'y a plus de sommeil possible.

 Tant qu'on est vivant, on occupe une place dans le monde et, dans la tête, il n'y a pas place pour un autre vivant, conséquence du principe de solitude ontologique.

Lorsqu'on meurt, c'est tout un monde qui disparaît, mais dans un intervalle de temps dt qui suit, une myriade de mondes apparaissent, et si dt est suffisamment petit il n'y en a qu'un seul qui nait. Tout se passe alors comme si l'on renaissait sous une autre forme. En fait, ON c'est ni plus ni moins que l'Être et le nouveau vivant une de ses manifestations.

 Bien sûr, on peut penser qu'une âme éternelle s'échappe du corps avec sa carte d'identité, mais cette croyance me semble bien naïve et difficile à soutenir.

 Conséquence: si vos actes créent des conditions de souffrances, comme le plastique jeté qui se retrouve dans la mer et étouffe un dauphin, et si à votre mort, c'est un dauphin qui nait, tant pis pour vous.

 Texte de Geveil.

 

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09 septembre 2017

L’absurdité du monde.

 

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L’absurdité du monde.

Nous ne comprenons pas le monde et il nous semble absurde. Ceci semble une évidence pour pas mal d’entre-nous. Bien sûr, il y a ceux  qui adhèrent aux réponses apportées par les religions ou par différentes écoles de pensée. Ceux-là ne se posent pas de questions car on leur a donné les réponses et cela suffit à leur bonheur.

Mais les autres, ceux qui doutent de tout, ceux qui n’arrivent pas à avoir un point d’ancrage leur permettant de supporter cette vie qu’ils jugent absurde, sont-ils condamnés à être malheureux? Camus a écrit que: « l’homme se trouve devant l’irrationnel. Il sent en lui son désir de bonheur et de raison. L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde » 

Serions-nous alors condamnés à être en totale souffrance dans notre vie? Le non-sens apparent du monde nous condamne à être des navigateurs perdus, ballotés dans un esquif en perdition sur la mer déchainée. Nous cherchons désespérément un phare, mais aucune lueur n’apparait à l’horizon….et le désespoir nous guette. 

Mais malgré tout, tel Sysiphe poussant son rocher, peut-on espérer être heureux malgré l’absurdité du monde? Peut-on trouver le moyen de puiser dans la vie même les éléments nous permettant de la vivre intensément, en trouvant le bonheur?

Est-ce qu’un monde logique serait plus à même de nous rendre heureux? N’est-ce pas justement l’absurdité de notre existence qui en fait le prix, à l’instar de la mort, qui donne toute sa valeur à la vie?

Texte d'Hitori

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22 août 2017

Essai d’une cosmogonie annoncée.

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Essai d’une cosmogonie annoncée.

Il y a l’œuf cosmique qui est gros d’énergies potentielles en parfait équilibre et qui en même temps  n’est pas. Il n’existe pas, il Est. C’est l’Absolu. C’est le Zéro représenté par un cercle symbolisant le contenant. Il contient l’infini représenté par un huit horizontal, symbolisant le contenu replié sur lui-même, mais toujours infini. Ben oui, l’Infini par définition ne peut pas être limité. Ce sont deux états superposés d’une même « monade ». Ils n’ont pas d’existence intrinsèque à un temps T. Ils sont un continuum instantané.  Le Zéro contenant l’Infini ne  peut qu’être infini.

Au sein de ce « maelström » non manifesté, en équilibre, un déséquilibre (singularité) crée la prééminence d’une « énergie » sur les autres  et c’est le manifesté qui est à l’œuvre. Mais il est le propre  artisan de son « évolution », qui ne peut que s’étendre à l’infini et donc…… rejoindre le Zéro. C’est l’Ouroboros Cosmique, l’infiniment grand se transformant en infiniment petit. Le vieux Yang donnant naissance au jeune Yin. Et ceci ad infinitum……

Mais cela se produit en superposition d’états. C’est par notre immersion dans l’espace/temps que nous avons la « sensation » d’être le point focal de deux infinis. En réalité, nous sommes tour à tour Etant et Vide, mais en simultané. Lorsque nous sommes dans le mental, nous sommes Etant et lorsque nous sommes dans l’état d’Eveil, nous sommes le Vide dont tout procède. ….c’est à dire…Dieu.

Texte d'Hitori

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22 juillet 2017

Tout est là, en nous, mais….

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Mille et une religions

Mille et un gourous

Mille et une techniques

Mille et une voies

Mais un seul centre où on peut faire l’expérience du vide.

Après avoir succombé au miroir aux alouettes, fatigué de sa quête stérile, en s’abandonnant, l’impétrant reçoit la réponse tant désiré dans la simplicité de l’instant.

Là, ayant abandonné les diktats egotiques pourvoyeurs de rêves, l’Être peut enfin se mirer dans la limpidité de sa source.

Tout est là, en nous, mais….

Texte d'Hitori

 

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22 juin 2017

L’oubli

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L’oubli

Pour nous humains,  y a deux façons d’être d’être au monde. L’identification à la forme (état de rêve éveillé, ou ignorance) et perception de notre réalité ultime (l’éveil, ou connaissance).

La plupart d’entre nous, sommes dans l’état de rêve éveillé, mais nous avons la possibilité de pouvoir vraiment nous éveiller, en prenant conscience de cette réalité ultime.

Le problème, c’est que constamment nous devenons amnésiques et tombons dans l’oubli. Mais au fait qui s’oublie?…. Ben c’est la Conscience transcendantale qui s’oublie elle-même en se plongeant dans le manifesté.

Mais elle le fait au travers des fragments individuels d’elle-même. Ce qui fait que chacun de nous se perd dans l’illusion du monde. Mais cette perte affecte-t-elle la Conscience transcendantale? Pas le moins du monde, car la Conscience transcendantale reste inaltérable étant la Conscience immanente de l’Absolu.

Ce ne sont que nos conscience parcellaires qui s’oublient dans le monde manifesté et sont dépendantes de lui. Mais elles sont toujours cette conscience transcendantale et elles peuvent à tout moment le réaliser et se réveiller de l’oubli.

Mais pourquoi tout cela, va-t-on dire?  Ben, c’est le jeu divin de cache-cache. Dieu, s’identifie à nous, se prend pour nous. Mais en se croyant nous, il ressent un manque et va se mettre à..... rechercher Dieu.

Dieu qui recherche Dieu, drôle de paradoxe et pourtant…..

Au bout de sa recherche Dieu fini par se trouver lui-même et là, la totale solitude de sa conscience fait qu’il se fragmente dans l’ignorance de sa propre identité en se prenant pour l’être incarné…. en se prenant pour nous.

Mais Dieu ne peut pas se perdre, il ne fait que jouer avec lui-même, avec la manifestation transcendantale à l’oeuvre en une succession d’oublis et de clairvoyances.

Texte d'Hitori

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31 mai 2017

L’éveil.

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Notre véritable nature ne peut être aperçue que par notre véritable nature, car seule la Conscience est le Témoin… c’est la Présence… c’est ce qui Est. Le phénomène d’éveil, n’est rien d’autre que cela, il n’est pas une expérience du mental. Un cheminement spirituel basé sur un renforcement de l’ego, que l’on laisse aux commandes, en l’instaurant ego spirituel, ne peut que le renforcer et par voie de conséquence nous fourvoyer, en nous empêchant de soulever le voile qui nous cache le Réel.

Cela veut-il dire qu’il faille arrêter tout cheminement spirituel basé sur une discipline évolutive ou qui s’inscrirait dans une école de pensée? Non, pas nécessairement. Pas nécessairement, si on comprend que le cheminement spirituel doit, au fur et à mesure que l’on avance, nous permettre de  nous dépouiller de nos vielles hardes, de les laisser sur le chemin, comme la veille peau que le serpent abandonne, pour se retrouver dans la nudité originelle et non de rechercher à se vêtir toujours plus de beaux atours, brillants et clinquants, ce qui malheureusement se passe la plupart du temps.   

Mais, souvent quand on appartient à une tradition spirituelle, on adopte ses dogmes, ses règles et ses coutumes, on s’insère dans un moule. Nous voulons progresser dans une recherche de résultat, avec un but à atteindre. C‘est ainsi que l’ego va s’approprier le rôle de Maitre d’oeuvre. C’est pourquoi, si cela est compris, il n’est nul besoin de s’insérer dans une filiation spirituelle ou d’user de techniques particulières, quoi qu’en disent les « Maîtres » proclamés des innombrables « ismes », qui claironnent à tous vents qu’en dehors de leur chapelle point de salut. 

Il suffit, dans la vie de tous les jours, d’être présent au présent. De faire en sorte que chaque acte soit fait avec conscience, sans subir les dictats du mental. Faire de nos moments de centrage, loin du  brouhaha et de la fureur du monde, des moments de paix et d’amour. Se recentrer dans l’intériorité de notre être, dans cet espace vide qui est le Vide de la Présence et qui est notre véritable nature. Là ne reste qu’un Témoin, vide et plein à la fois….. C’est cela l’éveil.

 Texte d'Hitori

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26 avril 2017

La connaissance du divin.

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La connaissance du divin.

Pourrait-on en tant que conscience séparée connaitre le divin? Cela semble peu probable. Si nous pouvons connaitre le divin, c’est que le divin est en nous. C’est que lui et nous sommes de même nature. Il est dit dans les écritures que nous sommes créés à l’image de Dieu, ce qui veut dire que nous sommes la même conscience et c’est par cette conscience que le divin peut être connu.

Mais pour cela, il ne faut pas nous croire séparés, et tout en participant au monde, garder en soi ce lien qui nous uni au divin. Dans les pensées et les actes de tous les jours, garder cette présence en nous comme un joyau dans son écrin. Faire que, jour après jour cette relation se fortifie, pour qu’à terme il n’y ait plus de séparation entre notre conscience et la Pure Conscience de l’Être.

Texte d'Hitori

 

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22 mars 2017

Arts martiaux et voie d'éveil.

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Arts martiaux, voie d’éveil ? Au premier abord cela semble paradoxal, mais le fait est qu’ils le sont.
Ils le sont devenus au japon quand le Bujutsu (art de la guerre) est devenu Budo ( art d’arrêter la lance). 

Voyons comment ils sont une voie d’éveil. Dans la pratique des AM, on va rechercher l’excellence, la pureté du geste et la maîtrise de soi avec un état d’esprit particulier (Mushin). La finalité du combat est toujours là, mais au lieu d’être focalisé sur les autres, il est tourné vers soi même. C'est une ascèse qui va demander beaucoup de courage, d’abnégation et de persévérance. On va comprendre que si ennemi, il y a, il est tapi au fond de nous et que c’est a nous a le débusquer. C’est un travail de longue haleine, qui doit s’envisager sur la vie entière.

Bien que certains senseïs avaient déjà entrevu la capacité de formation de l’esprit que peuvent apporter les techniques de combat, elles étaient surtout à visée guerrière. Mais pour bien comprendre, il faut se placer dans la société médiévale japonaise. Le Japon vivait replié sur lui-même, par une volonté d’isolement et avec un système hiérarchique cloisonné. Tout en bas, il y avait les intouchables (d’une manière générale, tous ceux qui avaient des métiers liés à la mort), au dessus, il y avait les marchands, puis, les artisans, puis, les paysans et au dessus, la classe des Bushis, qui avaient droit de vie et de mort sur les classes inférieures. 

Ces bushis étaient constitués en clans, avec le Shogun (seigneur) à leur tête, chapeautant les Daimyôs et une armée de samouraïs tout dévoués à leur maître, au point de se faire seppuku (suicide rituel) en cas de déchéance de celui-ci.

Enfin, au sommet se trouve l’empereur (considéré comme un dieu sur terre). Mais bien à l’abri dans son palais, il n’avait guère de pouvoir sur les Shogun et se tenait en dehors des guerres claniques que se faisait sans cesse les Shoguns. Il faudra attendre l’ère Meiji pour que l’empereur soit investit de tout ses pouvoirs.

C’est là que l’Amiral Perry porteur d’une missive du président des Etats Unis pour que le Japon ouvre les routes maritimes au monde extérieur que celui-ci ( le Japon) découvre la puissance destructrice des armes à feu moderne. Que peut un Katana face à un fusil à répétition ou une mitraillette?

L’ère Meiji ayant vu les pouvoirs de l’empereur rétabli,  la classe des Samouraïs se retrouva persona non grata et perdit ses prérogatives. Ils se révoltent et furent écrasés par l’armée impériale. (voir le magnifique film « le dernier des Samouraïs » avec Tom Cruse).
Mais il fut décidé de garder intacts les différents arts de guerre qui étaient une richesse culturelle.

Les maîtres d’armes, par la force des choses, ont réorienté la finalité des pratiques martiales, en mettant l’accent sur la recherche intérieure, pour faire que le Ju (technique) devienne Do (la voie).

Après la dernière guerre mondiale, trois figures emblématiques vont ressortir de l’oubli les anciennes techniques martiales, pour justement leur donner la possibilité d’être le terreau sur lequel s’élaborera ce Do. Il y a Jigorô Kanô, fondateur du JuDo (la voie de la souplesse) mettant l’accent sur l’action/réaction, plutôt que sur la résistance. Il y a Gichin Funakoshi, fondateur du KaratéDo (voie de la main vide –vide d’arme et de mauvaise intention-) mettant l’accent sur l’atémi (coup frappé) et Morihei Ueshiba fondateur de l’aïkiDo (voie de l'union des énergies) mettant l’accent sur l’esquive et le déplacement. Ce sont ces trois maîtres qui ont permis aux arts martiaux japonais de prendre leurs envol mondial.

Ces trois senseïs avaient compris, comme certainement d’autres avant eux, que si l’homme veut survivre en tant qu’espèce évoluée, il doit impérativement se tourner vers les forces créatrices et non destructrices. La violence étant parti intégrante de notre espèce, vouloir l’éradiquer ne peut que déboucher sur une implosion. Elle doit être canalisée et sublimée pour servir la paix et la Lumière.

Le vrai guerrier est un guerrier de la Lumière et ma quête personnelle est tournée vers cet objectif.
Texte d'Hitori

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