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Arts martiaux, voie d’éveil ? Au premier abord cela semble paradoxal, mais le fait est qu’ils le sont.
Ils le sont devenus au japon quand le Bujutsu (art de la guerre) est devenu Budo ( art d’arrêter la lance). 

Voyons comment ils sont une voie d’éveil. Dans la pratique des AM, on va rechercher l’excellence, la pureté du geste et la maîtrise de soi avec un état d’esprit particulier (Mushin). La finalité du combat est toujours là, mais au lieu d’être focalisé sur les autres, il est tourné vers soi même. C'est une ascèse qui va demander beaucoup de courage, d’abnégation et de persévérance. On va comprendre que si ennemi, il y a, il est tapi au fond de nous et que c’est a nous a le débusquer. C’est un travail de longue haleine, qui doit s’envisager sur la vie entière.

Bien que certains senseïs avaient déjà entrevu la capacité de formation de l’esprit que peuvent apporter les techniques de combat, elles étaient surtout à visée guerrière. Mais pour bien comprendre, il faut se placer dans la société médiévale japonaise. Le Japon vivait replié sur lui-même, par une volonté d’isolement et avec un système hiérarchique cloisonné. Tout en bas, il y avait les intouchables (d’une manière générale, tous ceux qui avaient des métiers liés à la mort), au dessus, il y avait les marchands, puis, les artisans, puis, les paysans et au dessus, la classe des Bushis, qui avaient droit de vie et de mort sur les classes inférieures. 

Ces bushis étaient constitués en clans, avec le Shogun (seigneur) à leur tête, chapeautant les Daimyôs et une armée de samouraïs tout dévoués à leur maître, au point de se faire seppuku (suicide rituel) en cas de déchéance de celui-ci.

Enfin, au sommet se trouve l’empereur (considéré comme un dieu sur terre). Mais bien à l’abri dans son palais, il n’avait guère de pouvoir sur les Shogun et se tenait en dehors des guerres claniques que se faisait sans cesse les Shoguns. Il faudra attendre l’ère Meiji pour que l’empereur soit investit de tout ses pouvoirs.

C’est là que l’Amiral Perry porteur d’une missive du président des Etats Unis pour que le Japon ouvre les routes maritimes au monde extérieur que celui-ci ( le Japon) découvre la puissance destructrice des armes à feu moderne. Que peut un Katana face à un fusil à répétition ou une mitraillette?

L’ère Meiji ayant vu les pouvoirs de l’empereur rétabli,  la classe des Samouraïs se retrouva persona non grata et perdit ses prérogatives. Ils se révoltent et furent écrasés par l’armée impériale. (voir le magnifique film « le dernier des Samouraïs » avec Tom Cruse).
Mais il fut décidé de garder intacts les différents arts de guerre qui étaient une richesse culturelle.

Les maîtres d’armes, par la force des choses, ont réorienté la finalité des pratiques martiales, en mettant l’accent sur la recherche intérieure, pour faire que le Ju (technique) devienne Do (la voie).

Après la dernière guerre mondiale, trois figures emblématiques vont ressortir de l’oubli les anciennes techniques martiales, pour justement leur donner la possibilité d’être le terreau sur lequel s’élaborera ce Do. Il y a Jigorô Kanô, fondateur du JuDo (la voie de la souplesse) mettant l’accent sur l’action/réaction, plutôt que sur la résistance. Il y a Gichin Funakoshi, fondateur du KaratéDo (voie de la main vide –vide d’arme et de mauvaise intention-) mettant l’accent sur l’atémi (coup frappé) et Morihei Ueshiba fondateur de l’aïkiDo (voie de l'union des énergies) mettant l’accent sur l’esquive et le déplacement. Ce sont ces trois maîtres qui ont permis aux arts martiaux japonais de prendre leurs envol mondial.

Ces trois senseïs avaient compris, comme certainement d’autres avant eux, que si l’homme veut survivre en tant qu’espèce évoluée, il doit impérativement se tourner vers les forces créatrices et non destructrices. La violence étant parti intégrante de notre espèce, vouloir l’éradiquer ne peut que déboucher sur une implosion. Elle doit être canalisée et sublimée pour servir la paix et la Lumière.

Le vrai guerrier est un guerrier de la Lumière et ma quête personnelle est tournée vers cet objectif.
Texte d'Hitori